votrechiro.ca
VotreChiro.com


Par: Dr Richard Morency, chiropraticien Par: Dr Richard Morency, chiropraticien

La douleur

Traiter la douleur
ou la blessure ?

La douleurPersonne ne sera surpris d’apprendre que pour le patient atteint d’un syndrome douloureux, la priorité est d’arrêter de souffrir. Si on peut difficilement blâmer un tel raisonnement, il faut cependant tenir compte de la réalité suivante : la douleur persistante est un signal d’alarme complexe en réponse à des dommages. Alors qu’une blessure mineure se résoudra souvent d’elle-même, la persistance du signal douloureux indiquera généralement une détresse. C’est-à-dire qu’un mécanisme actif endommage un tissu bien au-delà de sa capacité de régénérescence.

Une douleur et une blessure ne sont pas synonymes. D’ailleurs, un tissu peut dégénérer sans douleur. En effet, une dégénérescence de faible intensité peut se maintenir indéfiniment sans causer de douleur. Par contre, on observera une diminution graduelle de la fonction du tissu. Par exemple, une lésion articulaire se traduira par une perte de mobilité, de la souplesse (ex. raideur, ankylose), par une tension et un affaiblissement musculaires. Incessamment, un simple geste ou « un faux mouvement » pourra suffire à faire déborder le vase et déclencher une phase douloureuse, aigüe.

 

 

Un patient informé sera alors confronté à deux choix : traiter la douleur, ou contrôler le mécanisme en cause. Lorsque l’appareil vertébral est en jeux, les lésions sont généralement de type fonctionnel (ex. dysfonction vertébrale). Si une multitude d’interventions, physiques, chimiques ou psychologiques, sont proposées pour masquer ces douleurs, leur réussite tient souvent du fait que l’organisme retrouvera ultimement son niveau de dégénérescence préclinique sans que la cause eu été corrigée. Autrement dit, la phase chronique de dégénérescence, relativement indolore, succède à la phase aigüe, sans guérison. Il s’agit là d’une des principales raisons pour laquelle les gens ont souvent l’impression de se « re-blesser à la même place », un phénomène scientifiquement démontrée (Tableau 1). En réalité, le patient se fit, à tort, sur la diminution de la douleur pour juger de leur condition alors que le mécanisme responsable de la lésion persiste. La dégénérescence se poursuit.


• Le mal de dos atteint 18.6% de la population annuellement¹.
• Moins de 22% en sont à leur première crise².
• Plus de 20 % des maux réapparaissent en moins de 6 mois¹.
• Plus de 75% présentent encore des symptômes après 12mois³.

Tableau 1 : La dégénérescence articulaire (i.e. arthrose) apparaît à tout âge. La moitié des moins de trente ans ont déjà souffert de douleurs vertébrales⁴. Un premier épisode est le plus grand facteur de risque d’une rechute⁵. C’est pourquoi le mal de dos est désormais considéré comme un syndrome chronique ponctué par des crises aiguës dont la répétition et la persistance augmentent avec l’âge¹.

C’est ici que se distingue l’intervention du spécialiste en médecine manuelle. En effet, la majorité des syndromes douloureux persistants ou récidivants de la colonne vertébrale sont attribuables à la progression de déficits fonctionnels. C’est-à-dire, qu’avec un diagnostic juste et les soins appropriés, ces conditions peuvent être contrôlées. Le soulagement résulte alors de la correction des mécanismes en causes et non pas d’une attaque en règle contre un signal d’alarme, la douleur.

Alors qu’une approche alternative devrait rechercher les mêmes objectifs, la médecine manuelle peut difficilement être comparée aux méthodes visant essentiellement la dissimulation de la douleur en attendant qu’une phase aigüe fasse son temps et redevienne chronique. La médecine manuelle se présente comme la solution à court, moyen et long terme visant à répondre aux changements nécessaires.

En résumé, une intervention intelligente travaille à retrouver et à maintenir la fonction des tissus lésés afin de rétablir un équilibre favorisant leur régénérescence. Traiter la douleur ou traiter la blessure ? À vous de choisir.

1- Cassidy J. David, Cote P, Carroll L, Kristman V. Incidence and course of low back pain episodes in the general population. Spine 2005, vol. 30, no24, pp. 2817-2823.
2- Hestbaek L. Low back pain: what is the long-term course? A review of studies of general patient populations. Euro Spine J 2004; 12:149-65.
3- Croft P, Macfarlane G, Papageorgiou A, Thomas E, Silman A. Outcome of low back pain in general practice: a prospective study. BMJ 1998; 316:1356-1359.
4- Papageorgiou A, Croft P, Ferry S, Jayson MIV, Silman A. Estimating the prevalence of low back pain in the general population. Spine 1995; 20: 1889-1894.
5- land MO, Morrell DC, Morris RW. Can general practitioners predict the outcome of episodes of back pain? BMJ 1983; 286: 523-525.

square

Publier votre commentaire en utilisant:

Loading Facebook Comments ...