Par: Dr Richard Morency, chiropraticien Par: Dr Richard Morency, chiropraticien

La dégénérescence articulaire

Voici une expression couramment utilisée pour décrire certaines lésions articulaires. À ce sujet, le point de vue chiropratique et celui généralement soutenu par la médecine diffèrent. En effet, cette dernière interprète les modifications macroscopiques et grossières de la structure osseuse (Fig. 1 – Ostéophytes) associées à la dégénérescence articulaire et observées lors d’examens d’imagerie comme une désorganisation ou une désintégration arbitraire. Alors qu’en chiropratique, ces modifications sont interprétées comme une réorganisation ordonnée (remodelage) en vue de répondre à de nouvelles contraintes tel un milieu instable découlant de l’usure anormale d’une articulation.

La dégénérescence

Figure 1 – Réaction arthrosique – Colonne vertébrale.

À cet effet, il a été démontré, par exemple, que l’expansion osseuse sur le pourtour d’une vertèbre (ex. becs de perroquet) est supérieure du côté où le disque intervertébral présente les dommages les plus importants. Concurremment, l’amincissement des cartilages autrefois attribué à l’âge ou à une usure prématurée découle, en réalité, de la production d’une enzyme à même le cartilage (ex. métallo-protéinase). Il ne s’agit donc pas d’un phénomène désordonné ou attribuable à l’âge, mais d’une réaction organisée visant à accroître la stabilité d’une articulation endommagée. L’étendue de ces réactions est proportionnelle à la sévérité et la durée du problème et non pas à l’âge du patient.

Ainsi, les modifications structurelles observées lors de l’examen du système articulaire (ex. en radiologie, résonance magnétique) représentent généralement la réaction de l’organisme à une problématique et non pas le problème en soi. Cette réaction à l’endommagement d’une articulation se nomme l’arthrose. Ce n’est donc pas à la réaction arthrosique à laquelle il faut s’attaquer mais plutôt s’efforcer d’identifier et de corriger la cause, à l’origine de ces dommages. Dans la majorité de cas, celle-ci s’avère essentiellement d’origine biomécanique. C’est-à-dire qu’un trouble de la mobilité articulaire, résultant par exemple d’un traumatisme ou d’une lésion associée au développement asymétrique de la colonne vertébrale, est généralement en cause ou représente, du moins, un facteur significatif.

Signalons ici que la mobilité d’une articulation est indispensable à sa régénérescence et qu’une perte de son amplitude du mouvement (ankylose) est généralement le premier signe objectif d’une réaction à des dommages articulaires. Il s’agit de la phase I de la dégénérescence. Initialement, cette réaction est invisible sur les examens d’imagerie alors qu’elle est localisable lors de l’examen de la dynamique vertébrale par un Dr en chiropratique.

C’est pourquoi les interventions pharmacologiques se limitent souvent à soulager la douleur alors que, lorsqu’indiquée, l’intervention visant à localiser et à corriger la dysfonction articulaire s’avère essentielle au contrôle réel du processus dégénératif et de ses déficits.

 


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